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Jean-Claude DOCTEUR

                                                         Jean-Claude DOCTEUR

 

"Dictionnaire biographique, 1990 (BmNancy)"

 

 

 

La tombe de Jean-Claude Docteur se trouve dans le cimetière de Pierre-Percée dans l’allée de gauche. Quand on regarde l’inscription qui y est gravée, on est étonné de lire qu’il fut membre de L’Académie de Stanislas.

Mais cette prestigieuse Académie, qui portait encore le nom de Société Royale des Sciences, des Lettres et des Arts de Nancy, regroupait en son sein des nobles, des professeurs de médecine, de faculté, des officiers supérieurs, des ingénieurs, des avocats, des juges… .

Lui, le fils naturel de Marie-Françoise Docteur, né à Pierre-Percée en 1801, est nommé le 26 mars 1835 membre associé national de L’Académie de Stanislas et le reste jusqu’à sa mort. L’ouvrage qu’il présente cette année-là s’intitule  Pensées philosophiques, morales et littéraires.

Son parcours n’est pas des plus faciles. A quinze ans, il est instituteur de son village et ne cesse de s’instruire, seul. Il se passionne pour l’écriture savante, historique et philosophique, mais il a peu de moyens et peu de lecteurs. Il se marie en 1831 et aura neuf enfants.

Il obtient son brevet d’imprimeur et décide de tout faire lui-même, écrire, imprimer, vendre. Ainsi son livre, le château de Pierre-Percée, roman historique tiré de l’histoire des Comtes de Salm dans le douzième siècle, est rédigé et imprimé par ses soins en 1840. Il travaille à l’économie, le papier est recyclé et toute sa famille est mise à contribution.

Les difficultés matérielles l’amènent probablement à changer souvent de lieu de résidence. Des années 1835 à 1879, les Mémoires de l’Académie de Stanislas le mentionnent dans des villes différentes  avec une fonction différente.

                                    - littérateur à Vic (Meurthe)                                                               

- littérateur à Raon l’Etape (Vosges)

                                    - imprimeur à Raon l’Etape (Vosges)

                                    - homme de lettres à Bruyères (Vosges)

                                    - homme de lettres à Luxeuil (H-Saône)

                                    - homme de lettres à Remiremont (Vosges)

                                    - homme de lettres à Pierre-Percée (Meurthe-et Mlle)                                   

La liste n’est pas complète mais on ne lui permettra pas de s’installer à Epinal.

Ses romans et ses traités de philosophie n’ayant pas le succès escompté, il se consacre progressivement à la littérature populaire et crée des almanachs. « Ce savant de village » ou le « bon docteur » comme on le nomme, décide d’écrire pour les gens simples.

En 1842, l’almanach de la gaieté, de la vérité et du bon sens sort des presses. Le succès ira grandissant alors que la concurrence est rude. Quelques années plus tard, il abandonne l’imprimerie et collabore avec la Maison Pellerin d’Epinal. 12 000 exemplaires par an sont vendus dans les Vosges et la Meurthe.  L’imprimeur spinalien prolongera même la publication de cet almanach jusqu’en 1890, dix ans après la mort de Jean-Claude Docteur.

Ces petits ouvrages plaisent car ils sont ancrés dans la culture populaire ; on y trouve d’abord les fêtes, les saints, les dates des foires, les lunaisons, les observations météorologiques, puis le récit d’événements historiques, de la vie des saints, on passe ensuite à la rédaction de contes, de petites histoires, d’anecdotes et enfin des chansons en patois sans oublier une table de multiplication au dos du livret. Le tout est parsemé de gravures obtenues au moyen de bois gravés, réutilisés  maintes fois.

Le portrait de cet écrivain, dressé par certains de ses contemporains, n’est pourtant pas toujours élogieux. On le trouve instable, peu fiable. C’est un original. Il fait même de la politique et se présente aux élections de 1848 comme représentant du peuple, sans grand succès. Il semble également que son épouse ait à se plaindre de violences conjugales.

Ce travail de rédaction occupe toute son énergie ; sa famille mise à contribution, supporte les hauts et les bas de cette entreprise. Au XIX° siècle, être un enfant naturel n’est pas chose facile surtout lorsqu’on a de l’ambition ! Nous pouvons cependant  lui savoir gré d’avoir aimé son village. Les Mémoires de l’Académie notent sa nouvelle adresse à Pierre-Percée en 1876. Elle restera la même jusqu’à sa mort en 1880. Il passe donc les quatre dernières années de sa vie dans son village natal.

Autodidacte, il a recherché la reconnaissance parmi les savants. L’Académie l’a récompensé. Mais ce sont les petites gens qui ont contribué à son succès.

 

                                                                                  Jeanne-Marie Saint-Ramond, le 2 mars 2013

                                                                                                Guide conférencière interprète

                  

Sources :

Conférence de Monsieur Pierre HEILI

Président de la société d’histoire de

Remiremont et de sa région                                               

à Saint-Dié le 3/11/2012

 

Albert RONSIN : Les Vosgiens célèbres

Dictionnaire biographique, 1990

(article de Mr. P. HEILI)

 

L’Almanach Lorrain de 1869

de Jean-Claude DOCTEUR

 

Mémoires de l’Académie de Stanislas

de 1835 à 1880

 

 

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